Ce chiffre, au premier abord impressionnant, traduit une dynamique de redressement après des périodes de fluctuations mensuelles. Il reflète aussi l’effort collectif des cimentiers marocains, incarnés par les acteurs clés de l’Association professionnelle des cimentiers (APC), notamment Asment Temara, Ciments de l'Atlas, Ciments du Maroc, LafargeHolcim Maroc et Novacim.
Pour un observateur attentif, ces résultats ne tombent pas du ciel. Derrière les statistiques, il y a des chantiers publics et privés, des routes qui s’allongent, des logements qui poussent, et une industrie qui tente de répondre à une demande en gros volumes tout en jonglant avec les contraintes logistiques et économiques.
Une année marquée par des hauts… et quelques bas
À y regarder de plus près, l’évolution mensuelle illustre mieux la complexité du marché. En décembre 2025, les livraisons se sont établies à 1,098 million de tonnes, un résultat en baisse significative comparé à décembre 2024, où près de 1,30 million de tonnes avaient été écoulées.
Cette contre-performance de fin d’année contraste avec les tendances observées au cours des mois précédents : en octobre, le volume livré avait dépassé 1,5 million de tonnes, indiquant une activité plus soutenue sur certains segments du marché.
Cette volatilité mensuelle pose question. Elle rappelle que le secteur du ciment est étroitement lié aux rythmes de la construction, aux décisions politiques en matière d’infrastructure et aux cycles économiques globaux. Même si la progression annuelle reste positive, ces fluctuations invitent à un regard plus microscopique sur la santé réelle de l’industrie
Un moteur essentiel pour l’économie marocaine
Le rôle du ciment ne se réduit pas à une simple statistique. Il est un baromètre utile de l’activité économique, surtout de la construction, qui pèse lourd dans la création d’emplois et le développement territorial. Chaque tonne livrée participe à la construction de routes, d’écoles, d’hôpitaux, et de logements des investissements qui structurent la vie quotidienne des citoyens.
L’augmentation des livraisons, même modérée, illustre une tendance générale favorable. Mais elle appelle aussi une vigilance accrue des acteurs publics et privés. Comment maintenir le cap dans un environnement de coûts en hausse (énergie, intrants) ? Quelle place pour l’innovation et la durabilité dans un secteur historiquement énergivore ? Autant de questions qui devraient structurer le débat public au Maroc.
Au-delà des chiffres : vers un marché plus résilient
À l’aube de 2026, l’industrie cimentière marocaine dispose d’un bilan consolidé pour 2025. La progression annuelle de 8,21 % est encourageante. Mais le contraste entre les mois suggère qu’il reste des marges de manœuvre pour renforcer la résilience, améliorer la prévisibilité des livraisons, et mieux synchroniser l’offre avec les besoins réels du marché.
En somme, derrière ces millions de tonnes, c’est aussi le visage d’une économie en mouvement qui se dessine : ambitieuse, mais consciente de ses défis.












L'accueil
















